By N2H

Entre images et voyages…

Bushfires

Bushfires

Déjà une semaine que je bénéficie à nouveau des tarifs étudiants, que mon réveil sonne le matin, et que je prends mes marques dans cette nouvelle ville qu’est Melbourne. Marilyn m’accueille chez elle et le programme de cette première semaine était plutôt chargé : concerts, expos, visites, dîners entre amis… De quoi pratiquer mon anglais de 7h à 00h00 ! Mais aussi l’occasion de vivre des expériences très enrichissantes…

Dimanche dernier, nous sommes parti avec John et Sicey dans ce qu’on appelle ici « The Country » ; l’Australie hors des villes. Anciens propriétaires d’une ferme dans les environs, beaucoup de leurs amis ont du (ou s’attendent à) faire face aux bushfires. Direction Yea, commune à 1h de Melbourne, où nous rendons visite à leurs amis. Sur la route récemment réouverte, nous aperçevons la sortie Kinglake, où la police bloque l’accès : des corps sont encore en cours d’identification après l’incendie qui a rasé ce village. Sicey m’indique que je passe pour son neveu si la police nous arrête ; la zone n’est pas encore réouverte aux touristes car le risque de départ de feu reste très élevé. Finalement nous passons le barrage sans même s’arrêter.

Le décor est lugubre : l’odeur est assez forte dans la forêt que nous traversons, les arbres sont brulés, j’aperçois un tractopelle carbonisé. Quant aux zones indemnes, elles sont arides sur des kilomètres ! Jamais l’état de Victoria n’avait connu une telle sécheresse. Nous arrivons chez leurs amis qui possèdent une ferme : je comprends qu’ils n’ont pas de nouvelles d’eux depuis 15 jours. La maison est toujours là, comme miraculée au milieu de ces terres brûlées.

Susie et Ivor nous expliquent comment ils se sont battus contre le feu, protégeant leur maison grâce à l’arrosage automatique. Leur dernière chance était de sauter dans la piscine, ce qui par chance ils n’ont pas eu à faire. Ils ont vu le bushfire passer la colline d’en face, distante de 4 ou 5kms, et venir droit vers eux : ils n’ont eu que 10 minutes pour se préparer. Le bushfire ravage tout, il leur était donc impossible de donner des nouvelles, téléphones, mobiles et internet étant hors service. Plus d’électricité. Impossible de quitter la maison, la route principale était ravagée par les flammes ou coupée par les chutes d’arbres.

Les histoires ici sont similaires ; chacun défendant sa maison avec des moyens dérisoires. Parfois la fin n’est pas si heureuse. Beaucoup ont essayé de fuir, et sont devenus les principales victimes de ces bushfires. Quand le feu arrive, la fumée est comme un épais brouillard, il fait nuit tout à coup : les accidents de voiture ont été fréquents. Parfois le feu les a rattrapé. Par grand vent il peut atteindre les 100km/h. Impossible de fuir, même en voiture. Quant aux animaux, on abat ceux qui n’auraient pas succombé aux flammes. Certains troupeaux s’en sont sortis indemnes, trouvant refuge dans un bassin.

Chaque jour un nouveau village est évacué car le risque d’incendie reste maximum. J’apprends dans l’entourage de Marilyn que des amis avaient des proches à Kinglake, que les parents des voisins ont laissés les enfants à Melbourne pour aller sauver leur maison, mais y ont laisser la vie…

Quelques pluies ont fait leur apparition sur Melbourne, mais bien peu pour calmer les incendies. On s’attend au pire pour la semaine qui arrive. On commence aussi à parler d’un autre problème ; celui du tourisme. Personne de va plus dans la Yarra Valley soit par crainte des incendies, soit pour respect pour les victimes. Mais les incendies n’occupent que 10% de la région : région qui envisage une catastrophe économique si le tourisme ne reprend pas.

Nous terminons notre matinée en rendant visite à Deby, alias Deborah, qui se prépare seule à affronter le bushfire. Pour le moment aucun signe à l’horizon. Les chevaux de John et Sicey sont tranquilles… Elle nous montre un mail qu’une amie lui a envoyé une semaine après le passage du bushfire ; on croirait un extrait de film tellement le récit semble invraisemblable. Faut-il mieux quitter les lieux ? Deby ne l’entend pas de la sorte… Elle restera chez elle, prêtant l’oreille à la moindre alerte.

2 Responses Subscribe to comments


  1. JohnJohn

    Très beau témoignage Alexis, bonne continuation

    mar 02, 2009 @ 22:10


  2. EMILE

    Bravo au spécialiste; puisque la consultation du blog refonctionne normalement (on n’est pas ingénieur pour rien..!)
    Et puis merci Alex pour cet article et tous tes commentaires : super intéressants, voire émouvants – et désolants aussi…
    Bonne suite,
    Bisous

    mar 10, 2009 @ 5:53

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